Il est presque 20h hier dimanche soir.
Je quitte la première exposition de  Camille, le cœur un peu serré.
expo apie
Je rentre seul à la maison.
Jean Marie C. a essayé de m’appeler.
Il est entrain de perdre sa femme, Annie, mon premier amour, j’avais 20ans.
Le temps passe…
David m’a accompagné jusqu’au métro République… il part en trottinette… sans casque… je tremble toujours pour lui..
Le train passe à la station Saint Augustin,…
Augustin, l’apôtre du temps .
En quittant la galerie, Camille m’a dit qu’elle a une offre pour son troisième tableau, Madame Rouge, celui … plein de regards croisés.
Je suis heureux .
Avec Michel d’Ariane je proposais par l’écriture de considérer 3 Regards.
Il y en a beaucoup plus chez Camille, car sa peinture amplifie et  sublime les regards de la vie , Ses propres regards , miroirs pour les autres.
La voix de Camille ensuite donne une dimension céleste à son art.
Je pense à son premier tableau, Masque Papillon, dont j’ai raconté l’histoire à ses amis galeristes du jour , Florian et Ibrahim.
Tous deux viennent du Sahel,  le Tchad et le Mali, pays que je ne connais pas encore.
On a beaucoup parlé.
Je leur raconté des souvenirs sur Camille , ses premiers émois pour les couleurs , le jaune, le bleu souvent présents dans ses tableaux.
J’ai alors rêvé à l’avant …

Et encore à l’avant d’avant…

Puis à l’avant d’après …

A présent , je suis assis sur  un banc dans la station St Philippe du Roule.
Je continue à écrire.
Pourquoi ai-je pensé , en montant dans le métro , au mouton demandé par le Petit Prince à l’aviateur?
« Dessine moi un mouton ! »
L’émotion m’étreint.
Je ne sais pas dessiner.
Heureusement , Camille ne m’avait pas demandé de lui dessiner un mouton !
C’était il y a 16 ans.
Elle m’avait simplement demandé de lui acheter une toile.
J’ai raconté cette histoire à Ibrahim.
Alors , je pense à ce que j’ai fait- vraiment – pour Camille.
Je lui a appris à savoir dessiner les moutons de sa vie , à les créer , à les faire naître de son imagination, à les sortir de ma boîte, devenue SA boite…
Au fil du temps qui passe, Camille est devenue elle- même le mouton de sa vie , qui bêle et qui cherche ,  inquiète petit agneau, l’amour de sa maman , le regard et la main de son papa.
Le jeune mouton a appris à marcher sur ses frêles gambettes , ses jolis sabots glissant et s’empétrant dans la terre au sol meuble.
Le mouton est devenu grand, brebis attentive .
La vie…
Le mouton de son enfance est devenu emblème de son destin.
Papa ! dessine moi un mouton !
Camille ! tu as ton papillon !

Papa, 16 avril 2026

Michel d’Ariane.

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